Société d'Etudes Diverses
de Louviers et de sa région

Histoire - 25 Questions
Louviers a-t-il souffert de la guerre ?
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Oui,
au cours de son histoire,
Louviers a beaucoup souffert de la guerre.
Arrêtons-nous sur six périodes parmi les plus noires.



 

 

 

 

 

La Guerre de « Cent Ans » marque tout particulièrement notre ville.

En 1346, la ville, qui n'est pas fortifiée, est pillée et saccagée. Les habitants résistent désespérément. Les derniers défenseurs, réfugiés dans le clocher en sont chassés par l’incendie. Louviers est à nouveau pris et pillé, en 1356, puis occupé épisodiquement  par les Anglais jusqu’en 1360, année de la paix de Brétigny.

En 1368, Louviers doit faire face aux « routiers », ces soldats licenciés qui vivent sur le pays de rapines et de pillages. Un parti coalisé de nobles et de bourgeois lovériens  les éloigne de la cité. Entre temps et, profitant d’une accalmie relative, Louviers s’est doté d’une enceinte  dont la première pierre est posée en 1366.
A peine ces remparts sont-ils achevés que l’armée anglaise met le siège devant Louviers. Le combat est farouche et la répression sans pitié : 120 bourgeois sont passés au fil de l’épée et les autres n’obtiennent la vie sauve qu’au prix d’une forte rançon.


En mai 1431, L ouviers est investi par une force considérable de 12 000 hommes placés sous l’autorité du régent Bedford, oncle du roi d’Angleterre. Le siège dure vingt trois semaines. Les vainqueurs ne font pas de quartier, les remparts sont abattus ainsi que tous les établissements importants, château, halle, maisons de pierre, à l’exception d’une maison encore visible au n° 29  de la rue des Quatre Moulins, épargnée pour être une propriété ecclésiastique. Les églises elles-mêmes sont saccagées. La ville n’est plus qu’un amas de ruines, abandonnée par ses habitants dont un grand nombre prend les armes dans les troupes du roi de France.

Les exilés de Louviers, sous la conduite de Bigards et de Xaintrailles réoccupent leur ville dévastée, relèvent les remparts. Une tentative de reprise par les Anglais est brisée et les assaillants taillés en pièces dans le faubourg Beaulieu (la croix de Beaulieu commémorait ce brillant fait d’armes et la dénomination de la rue Massacre a été attribuée à cet épisode militaire). 

 

La croix de Beaulieu, autrefois à l'angle des rues de Beaulieu et de la Ravine

La guerre de la Ligue du Bien Public, amène pendant un court moment des armées sous nos murs, lorsque l'astucieux Louis XI entreprend de reprendre à son frère, le duc de Berry, la Normandie qu'il vient de lui céder. Cette fois, le «siège» de Louviers ne dure que trois jours (30 décembre 1465-1er Janvier 1466) et le roi de France confirme (pour la troisième fois) les privilèges accordés à la ville par son père.

Un évènement tragique a lieu pendant le court séjour de Louis XI. Un noble, le seigneur d'Esternay qui, ayant pris parti pour le duc de Berry, craint le courroux du roi, essaye de s'enfuir. Il quitte Louviers déguisé en moine, avec un autre moine comme guide. Mais, arrêtés à Pont-Saint-Pierre par les sbires de Tristan l'Ermite, les fugitifs sont ramenés en ville et Louis XI les fait immédiatement noyer dans la rivière. On a cru longtemps que le tombeau de Robert d'Acquigny, qui se trouve dans une chapelle de l'église Notre-Dame, était celui du sire d'Esternay.

                                                                                                                  
Louis XI

Au XVIe siècle, les guerres de Religion déchirent la France. Notre cité voit de nouveau couler le sang. En 1562, le Parlement fait régner une véritable terreur contre les protestants, dont beaucoup sont exécutés. L'ambassadeur d'Espagne, se trouvant à Louviers, dit y avoir vu pendre en trois fois 60 huguenots et un ministre du culte. Le chancelier Michel de l'Hospital doit donner l'ordre d'arrêter ces excès.
La guerre de 1870 est durement ressentie dans notre cité. On avait déjà, en 1815, subi l'occupation des Prussiens. On les revoit à plusieurs reprises, à partir du mois de décembre 1870. Un certain nombre de nos concitoyens, membres de la garde nationale ou francs-tireurs, se sont courageusement battus et en janvier 1871, à Bourgtheroulde, plusieurs d'entre eux se sacrifient pour protéger le repli des troupes françaises. La ville est évacuée au début de mars 1871, avec les pays situés au sud de la Seine, selon les stipulations des préliminaires de paix, qui viennent d'être ratifiés.  Au total, Louviers compte 16 morts, 13 blessés et 23 prisonniers.
Louviers est préservé des ravages directs de la « Grande Guerre » de 14-18. Menacé à la fin du mois d'août, atteint dans sa partie nord par une patrouille ennemie audacieuse, le département de l'Eure, après la bataille de la Marne, demeure relativement éloigné de la zone des combats.

Un détachement militaire d'instruction caserné à l'école Saint-Louis et dans la salle Saint-Pierre, deux hôpitaux auxiliaires, l'un installé à l'institution Notre-Dame, l'autre dans une usine de textile (Vandevoorde) changent cependant la physiono­mie de nos rues, de notre ville, en y amenant des uniformes, des convalescents à cannes, à béquilles, à pansements, qui, après les enfers de l'Yser, de l'Artois ou de Verdun, retrouvent peu à peu dans le calme de ce coin de Normandie l'espoir et la joie de vivre. Et les mois, les années s'écoulent. En 1918, lors des derniers coups de boutoir donnés par l'Allemagne aux abois, un centre d'accueil pour les réfugiés est aménagé dans une usine de la rue d'Evreux.

Puis, vient l'Armistice, avec son explosion de joie. Malheureusement, l'allégresse ne peut être partagée par tous, car beaucoup de familles ont reçu, surtout après les grandes batailles, de fatales nouvelles. Lorsque Louviers compte ses morts, quand il décide de perpétuer leur mémoire par des plaques de marbre placées dans le hall d'honneur de l'Hôtel de Ville, on constate que les tables blanches devront être grandes, démesurées : puisque 850 Lovériens ont été tués pendant les combats de la Grande Guerre.

A la Mairie, la salle des plaques.           

 La seconde guerre mondiale commence par la « drôle de guerre ». Mais au printemps 1940, l’armée allemande entre à Rouen le dimanche 9 juin. Les habitants de Louviers rejoignent précipitamment sur les routes la pitoyable cohorte des fugitifs et dès le mardi soir la ville est pratiquement vide. Les débris du 236e régiment d’infanterie mènent des combats retardateurs désespérés à Incarville, Pinterville, Acquigny , sur le pont de Folleville et dans le faubourg Saint-Jean. Le quartier du Hamelet est incendié par l’ennemi, en représailles. Déjà bombardée le 11 juin par la Luftwaffe, c’est le 12 et le 13 juin que la ville subit les assauts aériens les plus durs. Le centre brûle pendant deux jours entiers ; on compte six morts, 550 maisons sont détruites  et, parmi elles, la plupart des joyaux du patrimoine historique.

 Pendant quatre longues années, Louviers connaît alors le sort commun des villes occupées : restrictions, persécutions sociales et politiques. La résistance s’organise cependant secrètement. Auguste Fromentin imprime dans la clandestinité le « Patriote de l’Eure » et d’innombrables tracts tandis que d’autres participent à des réseaux de résistance. Plusieurs habitants de notre ville seront déportés et neuf paieront de leur vie leur comportement héroïque.

Le débarquement du 6 juin 1944 accroît la nervosité et l’agressivité des nazis, soupçonneux à l’égard de la population et des autorités. L’aviation alliée bombarde sans relâche les infrastructures et la population lovérienne vit en état d’alerte continuelle. La situation se retourne à la mi-août. L’armée allemande en retraite, dépenaillée, désorganisée, traverse la cité, en vaincue cette fois.  Les colonnes blindées alliées – des patrouilles canadiennes et américaines – entrent le 25 août au matin dans la ville. La nuit suivante, Louviers est affecté au secteur britannique de la 15e division écossaise. Un ultime bombardement va cependant endeuiller à nouveau la cité, tuant plusieurs personnes place du Champ de Ville et en blessant d’autres, alors que la joie populaire se donnait libre cours.

Mais déjà, les troupes alliées franchissent la Seine, dépassent la région, définitivement délivrée. Le 8 octobre, Louviers reçoit la visite du Général de Gaulle, et, le 26 juin 1949, la ville est décorée de la Croix de Guerre, avec la citation suivante : «Très durement éprouvée, par un bombardement meurtrier en 1940, a participé largement à la lutte contre l'occupant a eu un de ses quartiers incendié par représailles par les Alle­mands et dix parmi les plus notables de ses habitants ont été déportés pour leur activité résistante et sont morts en déportation ».

Louviers, après les bombardements de Juin 1940.

D'après "l'histoire de Louviers, évoquée par les choses", de L.Béquet et C.Blanluet, édité par la SED

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