Société d'Etudes Diverses
de Louviers et de sa région

Histoire - 25 Questions
Que sont devenus les remparts ?
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Les remparts de Louviers n'ont été édifiés qu'au XIVe siècle.
Ils ont été entièrement rasés au XIXe siècle.

Vue générale de Louviers en 1657 d'aprèsCaspar Mérian. On distingue nettement l'enceinte de la ville vue de Folleville.

           Pendant très longtemps, Louviers possession de l’Eglise n’a pas cru nécessaire de se doter de remparts. Et en 1346, au début de la Guerre de Cent Ans, les Anglais qui n’affrontent ni villes fortes ni forteresses mais dévastent les gros bourgs et les villes sans fortifications, attaquent Louviers. La ville est pour la première fois pillée et saccagée. Les habitants résistent désespérément. Les derniers défenseurs, réfugiés dans le clocher en sont chassés par l’incendie.

          Vingt ans plus tard, profitant d’une accalmie relative, Louviers se dote d’une enceinte  dont la première pierre est posée en 1366. Ce rempart est alors ouvert en quatre endroits : à la porte de Rouen, à la porte du Neubourg, à la porte de Paris, à la porte de l’Eau.

          A peine ces remparts sont-ils achevés que la guerre prend à nouveau la pire des tournures pour les Français. Louviers est investi en mai 1431 par une force considérable de 12 000 hommes placés sous l’autorité du régent Bedford, oncle du roi d’Angleterre. Le siège dure vingt trois semaines. Les vainqueurs ne font pas de quartier, les remparts sont abattus ainsi que tous les établissements importants, château, halle, maisons de pierre. Les églises elles-mêmes sont saccagées. La ville n’est plus qu’un amas de ruines, abandonnée par ses habitants dont un grand nombre prend les armes dans les troupes du roi de France.

          Puis vient le temps de la reconquête : Charles VII reprend Paris en 1436. Les exilés de Louviers, sous la conduite de Bigards et de Xaintrailles réoccupent leur ville dévastée, relèvent les remparts et la constituent en base arrière de leurs coups de main.

        Au début du XVIe siècle, les fortifications, demeurées fort imparfaites depuis la hâtive restauration de 1440-1441 sont achevées (1500) sous l'autorité du cardinal d'Amboise, l'un des plus célèbres archevêques de Rouen, alors premier ministre de Louis XII.

          Ce sont désormais des parapets de maçonnerie dominés par de grandes buttes destinées à amortir le tir des boulets, car l’artillerie a fait de notables progrès. Ces remparts sont flanqués de tours rondes et d’une citadelle à la « demi-lune ». Une cinquième porte en direction d’Evreux est adjointe en 1767 aux quatre portes existantes.

          En 1730, les boulevards, de la Porte de Rouen à celle du Neubourg, puis jusqu’à la rivière, sont nivelés et plantés. En 1738, on aménage le Champ de Foire à la porte de Paris et le Champ de Ville, sur les espaces marécageux qui séparent la porte du Neubourg du faubourg du même nom. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle l’industrie déborde les remparts et le centre urbain pour occuper les faubourgs  (Saint-Germain, Saint-Jean).

          Le début du XIXe  siècle voit la suppression définitive des anciens remparts et l’implantation des boulevards qui les remplacent à l'époque de la Restauration.

          Ainsi, pendant près de cinq siècles  Louviers a eu son enceinte fortifiée dont il ne reste aujourd'hui rien, hormis des noms de rues (du Rempart, Tour Gambette, de la Citadelle), des lieux-dit : la Citadelle, la Porte de l’Eau, ou l’empreinte reconstituée de tours de la barbacane de la porte de Rouen.

d'après "L'histoire de Louviers, évoquée par les choses" , S.E.D. 2002.


Jacques-Philippe Renout - La Citadelle en 1817-Face Est. Dessin au crayon extrait de l'album "Vues et plans de Louviers" - Musée de Louviers

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