Société d'Etudes Diverses
de Louviers et de sa région

Histoire - 25 Questions.
Louviers avait-il un seigneur ?
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Oui, c’était l’archevêque de Rouen.

Au XIIe siècle, Louviers appartient au roi d’Angleterre. Et à cette époque, Philippe-Auguste entre en lutte contre le roi d'Angleterre pour lui reprendre ses domaines français. En 1196, les deux princes signent la « Trêve de Louviers » (confirmation écrite de la paix d'Issoudun).  Louviers demeure possession anglaise.
Le roi d'Angleterre sait que la guerre ne tardera pas à recommencer. Il veut fortifier sa frontière normande, et il a notamment besoin de la forte position d'Andeli, clef de la vallée de la Seine. Il y  entreprend la construction d'un château fort.
Mais la trêve fait d'Andeli, possession de l'archevêque de Rouen, une sorte de terrain neutre qui ne doit pas être fortifié.
Au mépris du traité, Richard pousse ses travaux : le «nouveau château de la Roche», qu'on appellera bientôt le Château-Gaillard, s'élève rapidement
L'archevêque Gaultier de Coutances, outré, met la Normandie en interdit et part pour Rome, pendant que, de son côté, Richard envoie d'urgence deux ambassadeurs au pape. Ce dernier conseille aux deux parties la modération, et prépare un arrangement, une transaction. Pour obtenir Andeli en toute propriété, le roi d'Angleterre se montre généreux. Il cède à l'archevêque d'importants territoires, parmi lesquels les «manoirs» - c'est-à-dire, en fait, les villes - de Dieppe et de Louviers. Tel est l'échange d'Andeli, signé en 1197, une des dates les plus marquantes de l'histoire de notre cité.

Car, désormais (et jusqu'à la Révolution) les archevêques de Rouen sont comtes de Louviers (l'un de ces archevêques-comtes sera élu pape, en 1342 sous le nom de Clément VI). A ce titre, ils disposent du droit de haute justice et peuvent ordonner des exécutions par pendaison (le gibet de la Côte de la Justice, d’où le nom encore aujourd’hui donné à cette colline, permettait de recevoir jusqu’à douze pendus à la fois).
Néanmoins, cette tutelle ecclésiastique, bien que jalouse de ses droits et prérogatives, notamment par les redevances perçues à la Halle, sur les foires et marchés et l’usage de la forêt de Louviers, se révèle moins brutale que la tutelle purement féodale. Cette dernière s’exerce toutefois par l’intermédiaire des nombreuses petites seigneuries qui se partagent le territoire de la ville et ont laissé leurs noms à autant de quartiers : Beaulieu, La Salle du Bois, Folleville, Bercelou, Bigards, La Londe, St Hilaire, Tatin, La Villette...

Disparu lors de l'incendie de 1940, le Manoir des Evêques, qui était devenu l'Hôtel du Grand Cerf, rue du Matrey.
Dessin extrait d'un dossier réalisé par des élèves de l'école Jules Ferry au lendemain de la guerre.

Illustrations:  
Andeli: Le donjon du Château Gaillard , gravure de Robida

 Philippe-Auguste: Le couronnement de Philippe-Auguste, détail d'une enluminure de J.Fouquet
Bigards : Le Manoir de Bigards, détail d'une carte postale ancienne.
Folleville : l'ancien Pont de Folleville, détail d'une carte postale ancienne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

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