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Casanova, voyageant de Lyon à Paris en 1763, rencontre et séduit, Adèle Moreau, future lovérienne.

"Il était veuf, il n'avait qu'Adèle, et il allait à Louvier(*) se placer à une fabrique."

Au chapitre V du tome III de ses mémoires, intitulées "Histoire de ma vie", Casanova place dans le titre du chapitre de l'année 1763, le sous-titre : "Voyage amoureux avec Adèle". En une dizaine de pages l'auteur décrit sa rencontre avec Moreau et sa fille Adèle, son aventure avec Adèle. S'il ne cite dans cet épisode que deux fois le nom de Louviers, on peut penser que notre ville était sufisamment connue à cette époque pour que le vénitien n'ait pas besoin d'expliquer plus longuement la possibilité pour Moreau de s'y "placer à une fabrique".

 

[] Je me suis alors jeté sur une chaise, me pâmant de rire, Moreau, c'était le nom du père d'Adèle, me divertit alors me narrant son histoire. Il était veuf, il n'avait qu'Adèle, et il allait à Louvier se placer à une fabrique. C'était tout ; mais il avait le talent d'allonger les narrations. []

Je jette alors la plume, et dans une minute je me défais de ma robe de chambre et je tiens Adèle riante entre mes bras, pleine de feu, livrée à moi, me priant seulement quelques moments après de l'épargner. Je fais tout ce qu'elle veut ; mais une demi-heure après Vénus s'empare d'elle si vivement qu'elle m'accorde tout, me priant seulement de ménager son honneur, []

Elle prend son café, et nous voilà dans le solitaire tous les deux amoureux, contents, renouvelant nos transports, et désespérés que notre voyage ne soit pas plus long. Nous trouvons à Nevers le bon Moreau désolé que son débiteur ne peut lui donner les deux cents francs qu'à midi ; il n'ose pas me prier d'attendre ; mais je l'encourage en lui disant que nous dînerons là s'il peut nous faire apprêter un bon dîner. II me le promet, et nous allons nous enfermer dans une chambre pour nous garantir d'un tas de femmes qui voulaient nous vendre par force leurs marchandises.

Après un mauvais souper, Moreau, qui n'avait pas dormi la nuit précédente, rend Adèle sûre de pouvoir venir recoucher avec moi. Seconde nuit plus délicieuse que la première. Le lendemain nous mangeons à Briare le souper que Clairmont nous avait fait faire, et nous allons nous coucher à Fontainebleau, où Moreau va se mettre au lit dans la petite chambre près de celle où nous soupions, et où il y en avait deux. II nous suffisait d'un seul. Ce fut là que j'ai eu la belle Adèle entre mes bras pour la dernière fois. Je lui ai promis le matin d'aller la voir à Louvier à mon retour d'Angleterre, mais je n'ai pas pu lui tenir parole.

(*) Orthographe utlisée par Casanova

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