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Fashion victims au XIIe siècle
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Ordéric Vital (1075-1143), moine de Saint-Evroult, auteur de l'Histoire de Normandie, fustige ses contemporains "victimes" de la mode vestimentaire de leur temps.

Ruines de l'Abbaye de Saint-Evroult à Saint-Evroult-Notre-Dame-des-Bois (Orne), où vécut Orderic Vital, il qu'il nommait l'abbaye d'Ouche.

Dans la traduction par Guizot de L'Histoire de Normandie on peut lire cette diatribe du moine anglo-normand à l'encontre de ses contemporains soucieux de suivre la mode :

"C'est ainsi qu'après la mort du pape Grégoire, de Guillaume-le-Bâtard et des autres princes religieux, les habitudes honnêtes de nos ancêtrres furent presque entièrement abolies dans les contrées occidentales. Ceux-ci portaient des habillements modestes tout-à-fait adaptés aux formes de leur corps ; ils étaient habiles dans l'équitation et la course, ainsi que dans tous les ouvrages que la raiosn prescrit de faire ; mais de nos jours les usages des anciens ont été presque tous changés par de nouvelles inventions. La jeunesse pétulante adopte la mollesse féminine ; les hommes de cour s'étudient à plaire aux femmes par toutes sortes de lascivités. Ils placent aux articulations des pieds, où se termine le corps, l'image de la queue des couleuvres qui, comme les scorpions se présentent aux yeux. De l'extrémité superflue de leurs robes et de leurs manteaux ils balaient la poussière de la terre ; ils se couvrent les mains, quelque chose qu'ils fassent, avec de longues et larges manches et chargés de ces superfluités, ils ne peuvent marcher promptement ni rien faire d'utile. Comme les voleurs ils ont le front rasé, tandisque comme des courtisannes, ils entretiennent sur le derrière de la tête de longues chevelures. Autrefois, les pénitents, les prisonniers et les pélerins avaient l'habitude de garder tous leur cheveux et de porter barbe longue : c'était la marque aux yeux du public de la pénitence, de la captivité ou des pélerinages. Maintenant, presque tous les gens du peuple ont les cheveux frisés et la barbe courte, manifestant ainsi au regards de tout le monde que, comme des boues fétides, ils se plaisent dans les ordures de la débauche. Ils frisent leurs cheveux avec le fer du coiffeur; au lieu de bonnet ils couvrent leur tête de bandelettes ..."

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