Société d'Etudes Diverses
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Un article anti-copernicien de 1905.
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Il y a 100 ans, un pamphlet contre Copernic.

Le tome IX du Bulletin de la Société d'Etudes Diverses de l'Arrondissement de Louviers consacré à l'année 1905 (édité en 1906) publiait un article pour le moins étonnant récusant le système copernicien.

Il serait trop facile de tourner en ridicule ce pamphlet écrit par Charles Heullant, curé du Gros-Theil. On s'interroge sur les motivations qui ont conduit une société savante à faire paraître, sans commentaires, un texte aussi faible et rétrograde. Mais c'était en 1905, l'action pour la séparation de l'Eglise et de l'Etat était vive. Elle s'appuyait en particulier sur la lutte contre l'osbcurantisme.
1905, c'est aussi l'année au cours de laquelle, Albert Einstein, âgé de 26 ans, établit la théorie de la Relativité restreinte.
Voici donc le texte de Charles Heullant :

"PROJET D'UNE STATUE A COPERNIC

En notre siècle où la statutomanie bat son plein, ce projet n'a rien qui nous surprenne. Mais vraiment est-il opportun? L'instant est-il heureusement choisi pour glorifier Copernic qui n'a fait que reproduire — et à titre d'hypothèses — les idées de Pythagore, et qui n'a pu fournir la moindre preuve des idées émises? A notre époque où l'on veut tout voir, tout prouver, tout toucher du doigt, il est permis de trouver étrange ce projet de glorification d'un système dont le reproche le plus justifié est de n'avoir jamais pu fournir la plus petite preuve péremptoire en sa faveur, malgré les travaux de ses plus chauds partisans, et d'être plus que jamais contraire à l'expérience, la grande, loi de l'Astronomie.
Aussi bien la Vérité ne doit-elle pas pouvoir se prouver ? Sans vouloir être agressif et sans même reproduire l'affirmation de M. Brunetière : « La Science a fait faillite » il nous sera per­mis de constater que le moindre inconvénient du copernicisme est que tout y est arbitraire, fantaisiste, incertain, nullement basé sur des preuves, mais uniquement sur des affirmations gratuites et toujours en opposition avec l'Expérience.

Nicolas Copernic

 

Aussi constatons-nous d'une part que les astronomes en chambre, habitués au « Docttis cum libro » et ne tablant que sur des chiffres, — est-il rien de plus commode et de plus conciliant que les chiffres? Et oublie-t-on que la plupart des copernicistes, Galilée et Kepler, par exemple, fournissent des données diffé­rentes sur un même objet et n'ont pu s'entendre sur le calcul de la parallaxe ? — sont tous favorables au copernicisme qui n'est que le domaine des suppositions et des hypothèses, alors que d'autre part ce système n'est nullement populaire parmi les astro­nomes observateurs, et qu'il ne fait naître que le doute dans les milieux les moins habitués à l'observation, mais qui ne sont point hypnotisés par le « Magister dixit ». Beaucoup de savants ont eu la franchise d'avouer, comme l'éminent professeur Arago, qu'ils doutent de leur enseignement.
Ce qui ne laisse pas d'être assez curieux, en ces temps où il ne faut s'étonner de rien, c'est l'extrême facilité de Messieurs les copernicistes, à affirmer sans prouver, à passer sous silence tout ce qui est de nature à battre en brèche leurs théories, et à lancer l'anathème contre quiconque se permet de contester leurs affir­mations. Ah ! quelle levée de boucliers contre ma pauvre petite plume qui a le tort de leur demander des preuves et qui lutte pour vulgariser la vérité !
         
1° Pourquoi taire systématiquement ce qui se passe à l'étran­ger, en Angleterre, en Amérique, etc., vrais pays de liberté où l'enseignement officiel obligatoire n'existe pas ? Pourquoi étouffer la vérité et ne pas faire l'aveu que l'on y enseigne ouvertement la stabilité de la Terre et la rotation du Firmament ? Si notre enseignement officiel était démontré, les étrangers ne l'ignore­raient pas et sauraient en apprécier la valeur.
        
2° II y a quelque douze ans, un journal scientifique publiait la photographie du Ciel, Pôle-Nord prise par Flammarion, et concluait triomphalement que « le mouvement est indéniable ». Vraiment M. de la Palisse n'eût pas mieux dit, car, en astrono­mie, une seule chose est certaine et incontestée : Le mouvement. Seulement la question importante est d'établir péremptoirement le point de départ du mouvement. Procède-t-il de la Terre en rotation, ou du Firmament animé d'un mouvement giratoire ?

Le système de Copernic : la Terre et les planètes tournent autour du Soleil

 

Nous avouons volontiers que cette photographie n'est pas pour nous déplaire et qu'elle ne nous permet pas de nous rallier au chant de triomphe du copernicisme. En effet il est de toute évidence que si le mouvement procède de la Terre, tous les arcs de cercles tracés par la lumière des étoiles sur l'épreuve photo­graphique doivent être concentriques à la Terre. Or tous sont concentriques à l'Etoile Polaire, et toutes les trajectoires tracées entre notre horizon et l'Etoile Polaire sont excentriques à la Terre. Cette preuve expérimentale suffit pour condamner à jamais le copernicisme.
       
3° Qui n'a admiré le clou de la dernière exposition, le « Trottoir roulant » ? Pour se maintenir sur ce trottoir ne nous entraînant pas à la vitesse de plus de 2 mètres à la seconde, il fallait avoir le pied marin. Non seulement nous éprouvions une force acquise à vaincre, pour maintenir notre équilibre ébranlé mais pour marcher en avant ou en arrière, ou pour nous tourner subitement, il fallait raidir le jarret et veiller à ne pas tomber. Oui, ne l'oublions pas, la vitesse de ce mouvement ne dépassait pas 2 mètres à la seconde.
Si donc la Terre, conformément à l'enseignement actuel du copernicisme, était animée du double mouvement de rotation et de translation autour du soleil emportant lui même tout notre système vers la constellation d'Hercule, la Terre, dis-je, serait sous nos pieds un vaste trottoir roulant qui nous entraînerait à la rapidité phénoménale de 37 kilom. 305 mètres à la seconde! N'est-il pas indiscutable que ce mouvement violent ébranlerait notre équilibre, rendrait notre marche impossible, et ne saurait passer inaperçu? Or personne n'en a conscience, alors que le simple mouvement d'un mètre à la seconde ne saurait être insensible.
        
4° Jadis il était possible d'étudier le mouvement giratoire ou celui de translation, dans le secret du cabinet, et de conclure à la possibilité de concilier le maintien de notre équilibre avec les 500 mètres de rotation et les 37 kilomètres de translation, par chaque seconde. Il suffisait de répéter l'adage philosophique Ab acti ad passe... » La même possibilité existe-t-elle encore en face des nombreux et terribles accidents occasionnés par les locomotives, les volants de machines, les autos, les essoreuses, les turbines, etc., dont la vitesse est pourtant loin d'atteindre la rapidité des mouvements prêtés à la Terre, par le copernicisme. Or la Terre devrait développer une force centrifuge telle que ni les eaux, ni les pierres ne resteraient en contact avec le sol.

Johannes Kepler

 

 

Et la force centrifuge de la Terre est nulle!
         
5° N'oublie-t-on pas aussi que l'atmosphère ne serait pas libre et resterait inévitablement en arrière, comme la fumée et la vapeur des locomotives que nous voyons dans le lointain dérouler leur ruban, et que seul le vent d'Est serait possible ?
Or c'est le vent d'Ouest qui est le plus fréquent et le plus vio­lent. Comment en effet le copernicisme s'y prendrait-il pour expliquer la tempête du 13 novembre dernier? Car enfin il est inexact que notre atmosphère soit emprisonnée comme l'air dans un wagon en marche ; et je ne sache pas que des cloisons nui­sent en quoi que ce soit à la liberté de la colonne atmosphérique de 350 kilomètres qui est au-dessus de nos têtes et qui se déta­cherait fatalement de la Terre entraînée à 37 kilomètres à la seconde.
       
6° Avant l'exposition de 1900, combien n'a-t-on pas vanté la fameuse lunette qui devait nous montrer la Lune à un mètre et fournir la solution à bien des difficultés ?
Je ne sache pas que le récent renouvellement de l'expérience du Pendule de Foucault ait donné un résultat satisfaisant. Tout au contraire, nombreux sont les savants que cette expérience bien étudiée, approfondie, comprise, a détachés du copernicisme. Par exemple, M. Sindico, qui a osé publier à Paris une plaquette intitulée : « Immobilité de la Terre prouvée par !e pendule de Fou­cault et la photographie du Ciel. » Et M. Schœffèr, professeur d'astronomie à Berlin, qui a fait cet aveu suggestif : « Je tiens que la Terre est immobile depuis que j'ai étudié le pendule de Fou­cault. »
        

Galilée

 

8° Qui n'a été stupéfait de lire dans nombre de journaux, en février et mars 1904, cette déclaration de M. Poincarré, de l'Ins­titut, le premier géomètre de France et d'Europe, homme de chiffres par conséquent? « L'astronomie ne peut nous dire scientifiquement « La Terre tourne », mais seulement « qu'il est plus commode de supposer qu'elle tourne ».
Et 1' « Arsenal » du 15 janvier 1905, page 18, d'ajouter : « Qui de nous s'aperçoit qu'il fait, à chaque seconde, 305 mètres dans un sens, 7 kilomètres dans un second sens, 30 kilomètres dans un troisième? C'est de la foi, non de la science. ». D'ou il faut conclure avec M. Poincarré que toutes les preuves fournies par la vieille opinion classique du copernicisme sont dépourvues de valeur scientifique, même la fameuse parallaxe enseignée dans toutes les maisons d'éducation, parce que « enseignement officiel ».
       
9° On escomptait à l'avance la grande preuve des mouve­ments de la Terre que devait nous fournir la belle éclipse du mois d'août dernier. Or bien que l'on n'ait pas pour excuse l'obscur­cissement du soleil par les nuages, puisque tous les yeux ont pu le contempler aisément, nous attendons encore le fameux argu­ment péremptoire toujours promis depuis des siècles, mais jamais donné.
Que Messieurs les copernicistes élèvent, s'ils le jugent à propos, une splendide statue à leur Maître, cela les regarde. Mais au moins qu'ils nous autorisent à leur déclarer que de leur part, la moindre preuve pour étayer leurs théories ferait bien mieux leur affaire."

C. Heullant.

(Les illustrations ont été ajoutées en 2005.)

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