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Maurice Duruflé
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Maurice  DURUFLE
Louviers a célébré, en 2002, le centenaire de la naissance de Maurice Duruflé. Né le 11 janvier 1902  au 59 de la rue du Quai, Maurice Duruflé est un organiste virtuose et un compositeur de renommée mondiale surtout grâce à son Requiem. Sa famille était cultivée et pratiquait la musique. Ses dons furent remarqués et encouragés.

               Dès 10 ans, il entre à la Maîtrise de la Cathédrale de Rouen où il étudie le piano et l’orgue. Mais très vite, l’orgue devient son instrument de prédilection, l’instrument qui va le rendre célèbre En 1918, il est titulaire de l’orgue de Notre-Dame de Louviers. En 1919, il prépare avec Tournemire son examen d’admission à la classe d’orgue du Conservatoire de Paris où il est admis en 1920. Il y obtient le premier prix d’orgue dans la classe d’Eugène Gigout. D’autres premiers prix vont récompenser ses études : premier prix d’harmonie, d’accompagnement au piano, de fugue et de composition. Son professeur, Louis Vierne, voit en lui « le plus brillant et le plus personnel des organistes de la jeune génération. Ici, nous sommes en présence d’un sujet absolument complet ; exécutant de premier ordre, improvisateur à l’imagination abondante et variée, sensible et poète à souhait, il a en plus des dons de compositeur d’une rare acuité ».
                Diplômé en 1928 de la classe de composition de Paul Dukas, il enrichit la littérature organique de quatre grandes pièces : le Scherzo op. 2, le Prélude, adagio et choral varié sur le «Veni Creator» op. 4, la Suite op. 5, en hommage à Paul Dukas et le Prélude et fugue sur le nom d’A.L.A.I.N op. 7.
                Son œuvre maîtresse, le Requiem pour soli, chœurs, orchestre et orgue, op. 9 (en première audition le 2 novembre 1947 à la salle Gaveau)  le révèle au grand public. Cette œuvre, d’emblée, se retrouve dans tous les répertoires de concerts, ainsi que plusieurs autres de ses œuvres. Son œuvre assez restreinte est toujours mélodique, d’une sobriété contenue et d’un équilibre rare. 
                Même si Maurice Duruflé est plus compositeur qu’organiste, il est un virtuose qui s’affirme parmi les organistes de sa génération. En octobre 1930, il est nommé titulaire de l’orgue de Saint-Etienne-du-Mont à Paris. Le grand orgue (qualifié par Louis Vierne d’ « affreux coucou ») est dans un état déplorable. Un projet de reconstruction est interrompu par la guerre et ne se concrétise qu’en 1954. C’est un orgue de 90 jeux à transmission électrique qui est livré par les établissements Beuchet-Debierre de Nantes au mois de février 1956. Bien que ravi de pouvoir enfin rejouer le grand orgue qu’il avait dû abandonner au profit de l’orgue de chœur depuis 1938, Maurice Duruflé ne sera jamais pleinement satisfait de l’équilibre tonal de cette reconstruction et ne pourra jamais profiter de l’orgue idéal qu’il avait patiemment attendu depuis sa nomination.

                Mondialement connu, il a contribué à la découverte de la musique d’orgue française aussi bien en Amérique qu’en Union Soviétique et au Japon où il est très connu et apprécié, pays dans lesquels il s’est rendu avec l’organiste Marie-Madeleine Chevalier, son épouse et sa collaboratrice, pour y donner de nombreux récitals. Professeur d’harmonie au Conservatoire de Paris de 1943 à 1970, il forme également à cette technique d’écriture musicale de nombreux organistes réputés comme, par exemple, Pierre Cochereau, Xavier Durasse, Jean Guillou, Marie-Claire Alain, Daniel Roth, Philippe Lefebvre…
                Maurice Duruflé n’oublie pas sa ville natale. Nommé titulaire du grand orgue de Notre-Dame de Louviers à la mort de Loth, en 1921, à 17 ans, puis à Paris en 1930, il revient toujours de temps en temps aux fêtes de première classe où l’on joue du grand orgue. Il composera certaines œuvres pour lui dont son Scherzo, op. 2. Il devra néanmoins abandonner cette charge en 1935 à Mademoiselle Simone Bouvier. Après les bombardements de 1940, le grand orgue est inutilisable. Il faut le restaurer et c’est la maison Gloton de Nantes qui effectue les travaux et sur les conseils de Maurice Duruflé, des modifications et adjonctions ont enrichi l’instrument. Ces travaux terminés en 1942, c’est cette année-là que l’orgue est inauguré. Cette brillante cérémonie a lieu le 14 juin 1942, le programme musical est exécuté par Maurice Duruflé avec le concours de Mademoiselle Simone Bouvier, organiste titulaire, de Jean Kling, baryton et de la maîtrise paroissiale.

    On a  évoqué l’organiste, le compositeur, un troisième aspect de sa personnalité mérite d’être rappelé : il nous est révélé par de nombreux écrits parus dans divers journaux. D’une écriture soignée, précise et concise, ces articles sont consacrés à ses souvenirs sur ses Maîtres et surtout à la défense d’une belle liturgie et du chant grégorien. Pour sauvegarder ces valeurs, Maurice Duruflé s’est dépensé avec une énergie et une passion admirables. Sous la bannière des Amis de l’Orgue, avec les meilleurs organistes du moment, Duruflé milite pour un orgue sonnant clair, aux timbres typés et variés, doté de tous les accessoires que permet l’usage de l’électricité dans les transmissions. «Messieurs les facteurs, nous vous en supplions, vous construisez les orgues, mais ce sont les organistes qui les jouent et les auditeurs qui les écoutent… nous avons nos orgues historiques authentiques qui témoignent de l’époque classique. Vous les avez parfaitement restaurés dans leur style d’origine. Il est inutile d’en fabriquer… », écrit Maurice Duruflé. Compositeur, organiste, professeur honoraire au Conservatoire, Officier de la Légion d’honneur, Commandant de l’ordre de Saint-Grégoire-le-Grand, Chevalier des Arts et Lettres, Maurice Duruflé s’est éteint le 16 juin 1986 à Louveciennes. La nouvelle de sa mort a tout de suite fait résonner pour tous les amoureux de son œuvre les plus beaux passages de son admirable et émouvant Requiem, pur chef d’œuvre plein de consolation et de limpidité, enregistré sur le grand orgue de l’église Notre-Dame de Louviers en 1996.
                                                                   Michel Lecerf

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ŒUVRES PRINCIPALES

ORGUE
- Scherzo, op. 2
- Prélude, Adagio et Choral varié sur le thème du Veni Creator, op. 4
- Suite, op. 5 : Prélude, Sicilienne et Toccata
- Prélude et fugue sur le nom d’ALAIN, op. 7

MUSIQUE DE CHAMBRE ET ORCHESTRE
- Prélude, Récitatif et Variation, op. 3, pour flûte, alto et piano.
- Trois danses, op. 6 : Divertissement, Danse lente, Tambourin (orchestre)
- Andante et Scherzo, op. 8 (orchestre)

MUSIQUE VOCALE
- Requiem, op. 9, pour mezzo-soprano, baryton solo, chœur, orchestre et orgue.
- Quatre motets sur des thèmes grégoriens, op. 10, pour chœurs a cappella : Ubi caritas, Tota pulchra es, Tu es Petrus, Tantum ergo.
- Messe " Cum jubilo ", op. 11, pour baryton solo, chœur de barytons, orgue.
- Notre Père, op. 14, pour solo et orgue, ou chœur a cappella.

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