Société d'Etudes Diverses
de Louviers et de sa région

Histoire/Dossiers.
La construction en pans de bois.
Retour à la page d'accueil Dossiers
Actualité
Communiq.
Histoire
Patrimoine
Conférences
Images
Accueil

Aspects techniques de la construction en pans de

 

bois (fin XIIIe siècle / XVe siècle)


d'après plusieurs découvertes archéologiques en milieu urbain

(Rouen, Harfleur, Louviers, Evreux)
Un dossier de P. Calderoni, B. Guillot et B. Le Cain
de l'Institut National de Recherches Archéologiques Préventives.

Plusieurs fouilles préventives, réalisées à Rouen, Harfleur, Evreux et Louviers, ont permis d'étudier des séquences stratigraphiques complètes, allant de la construction à la démolition, d'un habitat urbain à pans de bois des XIVe et XVe siècles.

 

Les contextes archéologiques

 

Fig 1 : Localisation du site de la rue Martainville à Rouen

 

A Rouen, le site fouillé en 19971 se situe à l'intérieur de la dernière enceinte médiévale, sur la paroisse Saint-Maclou, au voisinage immédiat de l'église du même nom (fig. 1). Le terrain se trouve sur une zone marécageuse en bordure de la rue Martainville, chaussée ancienne qui sort de la ville close et conduit à la route menant à Paris. L'espace est tout d'abord occupé par une tannerie dans la seconde moitié du XIIIe siècle, puis par un édifice en pierre de taille partiellement enterré au début du XIVe siècle. A partir de la fin du XIVe siècle, le terrain inhabité situé à l'ouest de ce premier habitat se couvre de constructions sur solin, alternant avec des cours, associées à une petite voie de circulation perpendiculaire à la rue Martainville (fig. 2 et 3).

Fig 2 : Plan général de la fouille rue Martainville à Rouen

A Harfleur, la fouille réalisée en 19912 est située dans le quart nord-est de la ville, à l'intérieur de l'enceinte (fig. 4), le long de la rue Carnot, ancienne voie médiévale menant à la porte nord, puis ensuite à Montivilliers. Au XIVe siècle, un habitat est construit ; il se compose de deux salles et d'une cour en appentis contenant des fours, transformée ensuite en deux pièces d'habitation (fig. 5 et 6).

 

 

 


Fig 3 : Détail des salles à cheminées du petit
habitat rue Martainville à Rouen    
Fig 4 : Localisation du site de la rue Carnot à Harfleur

 

 

Fig 5 : Plan général de la fouilleRue Carnot
à Harfleur
Fig 7 : Localisation des sites rue Joséphine  à Evreux

        

 

Fig 6 Détail des pièces A et B de l’habitat rue Carnot à Harfleur

 

A Evreux, deux chantiers archéologiques ont eu lieu rue Joséphine en 19963  (Evreux 1) et 19994 (Evreux 2). Ils se trouvent à l'extérieur des enceintes du Bourg et de la Cité, sur le territoire de la paroisse Saint-Gilles, à proximité de l'abbaye bénédictine de Saint-Taurin fondée au Xe siècle (fig. 7). Au XIIIe siècle, le bourg et l'abbaye sont reliés par une "rue Saint-Taurin"5 dont le tracé doit correspondre à celui de l'actuelle rue Joséphine. Cette voie sortait du faubourg Saint-Taurin et rejoignait la route de Lisieux et de Caen. Les deux sites étaient occupés dès l'époque gallo-romaine. Durant le haut Moyen Age, une épaisse couche de "terres noires"6 s'est constituée, scellant l'occupation antique.

            A Evreux 1, au début du XIIIe siècle, un corps de logis en pierre de taille et silex, de type manoir urbain, est construit sur cet épais niveau de "terres noires". A la fin du XIIIe siècle, des constructions légères sont implantées sur un espace vide à l'est de l'édifice (fig. 8 et 9). Un parcellaire en lanières, perpendiculaire à la rue Joséphine, se structure ainsi autour d'espaces de circulation (cours et passages empierrés). Ces petites unités ne constituent pas l'habitat principal qui se situait probablement au nord, en bordure de rue. L'existence de niveaux de sols utilisant les rejets d'un artisanat du métal (pièce C) permet de supposer que l'on se trouve dans le voisinage d'un atelier. Immédiatement à l'est du mur de clôture du manoir, un espace abritant au moins trois fours domestiques évoque une activité alimentaire. Dans la seconde moitié du XIVe siècle, un bâtiment en pans de bois est accolé au sud du corps de logis avec lequel il communique. Cette annexe a pu servir de cuisine.

 

 

Fig 8 : Plan général de la fouille d’Evreux 1

 

 

Evreux 2 est situé entre la rue Joséphine et le cours canalisé de l'Iton (canal de la reine Jeanne). A la charnière des XIIIe et XIVe siècles, le terrain est faiblement occupé (présence de fosses dépotoir et de fosses d'aisances), sauf son angle sud-ouest où s'élève une construction en moellons et silex qui se développe hors de l'emprise de la fouille. Entre la fin du XIVe siècle et le début du XVe siècle, un habitat en pans de bois est construit dans la moitié ouest du terrain (fig. 10 et 11). Il est délimité par un mur de parcelle perpendiculaire à la rue Joséphine. La partie fouillée comporte une cour et deux pièces séparées par une cloison avec des cheminées possédant un contre-cœur commun.


Fig 9 : Détail du petit habitat en fond de cour d’Evreux 1

           

            A Louviers, la fouille réalisée en 19997concerne un îlot situé entre la rue du Mûrier, la place de la République et la rue des Pompiers. Au Moyen Age, le site se trouve dans la paroisse Notre Dame, située intra muros à partir de la seconde moitié du XIVe siècle. A l'est, il est borné par une nécropole désaffectée (cimetière du haut Moyen Age) et, à l'ouest, par le Grand Cimetière de l'Intérieur, créé au début du XIIIe siècle (place de la République) (fig. 12). La zone nord-ouest de la parcelle, largement occupée par des caves et des fondations d'époque moderne, n'a livré qu'une vision partielle de l'occupation médiévale. L'essentiel des vestiges est concentré le long de la rue du Mûrier (fig. 13). Celle-ci n'est mentionnée dans des textes qu'à partir de 15488. Toutefois, la fouille a mis en évidence une zone de circulation aménagée sur la grave dès le XIVe siècle, correspondant à l'ancien tracé de la rue tel qu'il figure encore sur le cadastre napoléonien.

 

 

 

Fig 10 : Plan général de la fouille d’Evreux 2

Fig 11 : Détail de l’habitat d’Evreux 2

Fig 12 : Localisation de la fouille de la   Rue du Mûrier à Louviers

Fig 13 : Plan de la fouille rue du Mûrier

      

On peut donc en déduire que cet aménagement préfigure la chaussée moderne. Un mur contemporain du niveau de circulation constitue la façade commune de plusieurs petites maisons en pans de bois9 (fig. 14 et photo 1). Reconnu sur plus de vingt mètres de long, il possède une fondation large constituée de pierres de taille liées à la terre et formant ressaut. Trois des constructions qui viennent prendre appui sur le mur possèdent un plan et une organisation interne similaires. Une quatrième habitation est moins bien conservée. Chaque maison comprend au moins deux pièces de plain-pied, d'une surface n'excédant pas 11 m² pour la plus grande. Des cheminées sont logées dans les angles des grandes pièces. La datation de cet habitat a pu être établie grâce à la découverte de deux monnaies de 1352 dans le sol et la cheminée de la maison B et d'un petit trésor monétaire serré dans une toile de chanvre, trouvé dans l'effondrement de la toiture de la maison B. Il devait être dissimulé dans la charpente et son propriétaire n'a pas eu la possibilité de le reprendre. La constitution de ce trésor s'est arrêtée au cours de l'été 1358.

 

Fig 14 : Détail des constructions de la rue du Mûrier à Louviers (l’étoile indique l’emplacement du trésor monétaire)

 

Photo 1 : Louviers : mur de façade sur la rue du Mûrier

            Tous les sols d'occupation ont été recouverts par les décombres des élévations ruinées au cours du XVe siècle ou au début du XVIe siècle. Ce sont les matériaux contenus dans ces niveaux de démolition ainsi que la structure des maçonneries subsistantes, épaisseur et mode de construction, qui permettent de reconstituer partiellement des habitations sur solins avec une élévation en bois et torchis ou en pisé.

 

Préparation de l'assiette des constructions

 

            Dans tous les cas, avant la construction, le terrain à bâtir est nivelé.

 

            A Evreux 2, avant l'implantation des maçonneries, une couche de limon argileux est étalée et tassée pour offrir une surface plane. Elle correspond au sol intérieur, en terre battue, de l’habitation.

 

Construction des maçonneries

 

            Dans l'ensemble, les solins sont soit faiblement fondés, sur au maximum deux assises, soit directement construits sur le terrain aplani. Les mieux conservés ont une élévation d'au moins 20 à 30 cm.

            Dans le cas de Louviers (fig. 14), les murs principaux, larges de 35 à 40 cm, sont constitués d'une double rangées de moellons, les divisions intérieures sont de moindre épaisseur, en moyenne 15 cm, et sont établis sur les sols en terre battue.

 

            La pierre de taille n'entre jamais dans la constitution des solins, qui n'emploient que des moellons de calcaire et des silex bruts ou équarris. Le grès est utilisé dans un seul cas en tant que support de poteaux (à Evreux 1 dans le bâtiment A, fig. 9 et photo 2).

 

            Pour lier ces pierres, on constate dans certains cas l'emploi mixte de la terre (limon argileux) et du mortier se répartissant généralement en terre pour les fondations ou base de solins et mortier pour l'élévation.

            A Rouen et à Harfleur, les solins sont liés au mortier. A Harfleur, le liant utilisé est du mortier de chaux comportant une grande quantité de sable (de couleur rouge-orangé) ; nommé "sablon rouge", ce matériau cité dans les textes d'archives est extrait de la carrière du Cantipou qui se trouve sur le plateau du Mont-Cabert situé au nord de la ville.

            Le plâtre n'est jamais utilisé comme liant dans les solins, il n'apparaît que deux fois, dans la démolition d'une cheminée à Louviers et dans la composition de sols à Rouen.

 

            Deux types de construction découlent de la mise en œuvre des solins :

- soit le solin est construit avec des moellons de petite taille et on peut en déduire qu'il sert à recevoir une sablière basse continue ;

- soit le solin intègre des blocs de calcaire ou de grès (des plots) qui devaient servir de base à des poteaux, et, dans ce cas, il s'agit du système à sablière basse interrompue (Evreux 1, bâtiment A, fig. 9).

            A Louviers, les solins de l'unité A (fig. 14), la plus complète, sont continus et correspondent à un système de construction à bois courts, où les sablières basses reçoivent les poteaux qui supportent à leur tour la sablière haute. Dans le second système, les poteaux vont de la base au sommet du bâtiment. Ils reposent alors sur des dés de pierres les isolant de l'humidité.

 

            A Evreux 1, on a observé un dispositif servant certainement à écarter les eaux de ruissellement de la base des murs : une couche de matériaux calcaires talutée s'appuie contre la base du solin (mur du bâtiment A donnant sur la cour, photo 2).

 

Photo 2 : Evreux : mur à support de poteau en grès, à droite talutage calcaire

 

Les murs

 

            Après la construction des solins, on peut imaginer la pose des éléments de charpente (pan de bois et toiture). Le bois, lorsqu'il n'est pas calciné, ne laisse aucune trace archéologique. Seul le feuilletage de limon argileux, présent dans les niveaux de démolition, témoigne de la nature du remplissage des pans de bois. Ces niveaux atteignent une épaisseur de 30 cm à Louviers. Les pellicules de mortier désagrégé provenant de l'effritement des murs correspondent probablement à la détérioration d'enduit ou du scellement d'éléments en bois, bâti de fenêtre ou de porte.

 

            Dans les cas abordés, le faible nombre de clous retrouvés, souvent de petite taille, semble attester un mode de fixation avec des chevilles de bois ou par tenon/mortaise.

La toiture

 

            La couverture était réalisée avec des tuiles plates rectangulaires, à crochet unique plus ou moins centré, et des tuiles angulaires (tuiles de rives ou faîtière), dont les angles varient entre 83° et 120°10. A Louviers, les tuiles plates font en moyenne 26,50 cm de longueur, 15 cm de largeur et 1 cm d'épaisseur (photo 3). Les textes médiévaux mentionnent l'existence de gabarit11. Toutefois on constate à Louviers des variations de l'ordre de 2 cm en plus ou en moins par rapport à la moyenne.

 

Photo 3 : Louviers : tuile plate à crochet

Plusieurs tuiles conservaient du mortier de chaux sur leur face de pose ce qui indique qu'elles étaient maçonnées. Les textes d'archives confirment ce fait et précisent que le mortier pouvait être remplacé par du plâtre. Ce scellement pouvait être renforcé par un clouage dont témoigne la présence d'un ou deux trous à la hauteur des crochets. A Evreux 1, un clou en fer était encore engagé dans une perforation.

            Quelques tuiles portaient des traces d'usure. La partie exposée représente entre 36 et 48 % de la surface.

            Sur les sites étudiés, aucune des couches fouillées n'a démontré l’utilisation d'ardoise.

 

Les sols intérieurs

 

            Dans la majorité des cas, les sols intérieurs sont réalisés en terre battue. Elle est parfois remplacée par des matériaux de récupération, épandage de résidus de combustion comme à Evreux 1 (pièce C, fig. 9).

            Lorsque le sol n'est pas en terre battue, on constate un apport de remblai pour rehausser le terrain. Cet aménagement est recouvert soit par du calcaire damé, comme à Harfleur, soit par du mortier, comme à Louviers (pièce D) et Rouen. Toujours à Rouen, l'emploi du plâtre a été mis en évidence dans deux pièces de plan-pied, ce qui présente une singularité par rapport à ce que les textes font apparaître, c'est-à-dire une utilisation limitée aux planchers et aux plafonds dans les étages. Il est vraisemblable que le mortier et le plâtre correspondent au lit de pose d'un pavage.

            A Harfleur, des carreaux de pavement décorés ont été trouvés dans une couche de démolition circonscrite dans une petite pièce (B, fig. 6). Les carreaux, couverts d’une glaçure de couleur verte ou bicolores orange et jaune portant divers motifs, étaient pour la majorité fragmentés. La juxtaposition de plusieurs carreaux à motif ont permis de reconstituer des décors géométriques (photo 4).

 

Les foyers

 

            L'existence de foyers simples est traduite par des zones de limon argileux parfois nivelé et rubéfié en surface. A Evreux 1, une surface d'un peu plus de 2 m2 a été creusée afin de recevoir un hérisson de silex, recouvert ensuite par un niveau d'argile. Il est possible que ces foyers soient entourés par un cadre en bois qui n'aurait laissé aucune trace. Des exemples sont connus à Rouen, rue des Charrettes, dans un contexte d'habitat de la fin du XIIIe siècle12.

 

            Toutes les cheminées sont adossées à un mur, et quelquefois placées au niveau d'un angle (photo 6).

 

Photo 4 : Harfleur : assemblage de carreaux de pavage

 

 

   Au minimum, la surface des foyers est d'1 m². Les foyers sont faits avec des matériaux de récupération : carreaux ou tuiles. A Evreux 2, deux cheminées adossées l'une à l'autre sont installées sur le sol en terre battue. Elle possèdent un contre-cœur commun composé de deux parements de tuiles contenant un blocage de calcaire et d'argile. Les âtres sont réalisés avec des matériaux de récupération, fragments de tuiles posés de chant pour la bordure et, pour la partie centrale, de carreaux de pavements décorés de motifs divers (fleurs, châteaux, léopards, fleurs de lys, médaillon à personnage, cerf, oiseaux, fermaux, étoile de David,…). D'autres carreaux proviennent de plates-tombes (photo 5), c'est-à-dire de plaques tombales en terre cuite. A partir de ces derniers, il est possible de reconstituer des gisants femmes et hommes, dont un porte une cotte de maille.

 

   

Photo 5 : Evreux 2 : détail d’un carreau de plate-tombe figurant un chien sur lequel repose les pieds d’un gisant

            Pour les autres sites, les âtres sont construits avec des fragments de tuiles à crochet posés de chant ou à plat et scellés à l'argile. Néanmoins, on note des différences dans leur conception.

            A Louviers, trois cheminées ont été dégagées dans les angles des pièces (fig. 14). Elles sont adossées au mur de façade sur rue. Le contre-cœur, constitué de fragments de tuiles à plat liés à l'argile, repose, tout ou partie, sur le ressaut du mur et sur l'âtre.

            Ce dernier est agencé après creusement du sol initial. Dans tous les cas, les constructeurs ont cherché à obtenir une épaisseur de matériaux réfractaires d'environ 15 cm. A Louviers, pour la cheminée de la pièce C, l'aménagement est constitué de deux cuvettes, séparées, l'une comblée avec des tuiles posées de chant et l'autre remplie d'argile couverte de carreaux posés à plat.

 

            A Harfleur, une des cheminées réutilise les foyers d'anciens fours.

 

            On remarque parfois un aménagement de l'espace situé en avant du foyer. Il peut être constitué d'une bordure de silex et tuileaux (comme à Rouen, fig. 3, dans la pièce A) ou être délimité par des tuileaux (comme à Rouen dans la pièce B). L’utilité de cet aménagement a probablement un rapport avec la manière de cuisiner de l’époque. Il existe une représentation sur une enluminure montrant la disposition des pots à cuire en retrait de la flamme, pour une cuisson lente ou un simple maintien au chaud.

 

            Le manteau et la hotte ne sont pas conservés. D'après l'iconographie, l'ensemble peut être soit sur console, soit être soutenu par un poteau. Cette disposition se retrouve à Louviers, dans la pièce A. Une pierre de taille calcaire dans l'angle de l'âtre a probablement servi de support à un poteau (photo 6).

 

Photo 6 : Louviers : cheminée de la pièce A

 

Conclusion

 

            Pour les maisons décrites, nous ne possédons que les rez-de-chaussée dont les pièces ont une surface inférieure à 10 m². L'étude faite par Philippe Cailleux sur "Trois paroisses de Rouen à la fin du Moyen Age"13utilise des textes d'archives qui décrivent des unités composées d'une salle, ou sallette (avec cheminée), d'une chambre (peut-être à l'étage et qui ne dispose pas toujours d'une cheminée) et d'un sollier (qui peut correspondre à un entresol). Les toisés de quelques unités permettent de reconstituer une surface comprise entre 10 m² et 15 m2 pour chacun des niveaux de la maison.

 

            Dans le cadre des études de topographie historique, les chercheurs ont attesté l'existence d'un petit habitat urbain. Les "petites maisons" mises au jour à Harfleur, Rouen, Louviers et Evreux offrent peut-être une réalité matérielle aux descriptions sommaires contenues dans les registres de tabellionage.

 

 

Jusqu'à présent, les données archéologiques sont trop lacunaires pour que l'on puisse en dégager des renseignements sur l'organisation interne des maisons, leurs relations avec l'environnement extérieur et leur intégration dans le parcellaire urbain. Les exemples retenus possèdent une même technique de construction et représentent des habitations d'aspect modeste construites de plain-pied. Ils correspondent à une réalité archéologique qui n'a livré que peu de vestiges, comparativement aux manoirs urbains ou aux maisons remarquables appartenant au patrimoine de nos villes et qui constituent la référence en matière d'habitat médiéval.

 

P. Calderoni, B. Guillot et B. Le Cain

 



[1]
Calderoni
(P.). — Rouen (76), 95-105 rue Martainville. N° de site 76 540 393. Document Final de Synthèse déposé en 2000 au Service Régional de l'Archéologie de Haute-Normandie à Rouen, 2 vol.

 [2]
Le Cain (B.). — Harfleur, rue Carnot. Document Final de Synthèse déposé en 1991 au Service Régional de l'Archéologie de Haute- Normandie à Rouen.

Le Cain (B), Evrard (M.-N.), Duvernois (B.). — Vestiges d'un habitat urbain médiéval, rue Carnot à Harfleur (Seine-Maritime). Haute-Normandie Archéologie, vol. II, 1992, p. 43-46.

[3]
Guillot (B.). — Evreux (27), 44-46-46bis rue Joséphine. N° de site 27 229 036. Document Final de Synthèse déposé en 1996 au Service Régional de l'Archéologie de Haute-Normandie à Rouen, 2 vol.
Calderoni (P.), Guillot (B.), op. cit., p. 57-61.

[4]
Le Cain (B.). — Evreux (Eure) ZAC Joséphine. N° de site 27 229 139. Document Final de Synthèse déposé en 2003 au Service Régional de l'Archéologie de Haute-Normandie à Rouen.

[5]
Archives Départementales de l'Eure, H 793 : Petit cartulaire de Saint-Taurin par le sieur Biard, feudiste à Evreux, 1767 (copie de titres en grande partie disparues), p. 51.

[6]
Nom générique pour une strate particulière entre la fin de l'occupation gallo-romaine et l'urbanisation du bas Moyen Age.

[7]
Calderoni (P.). — Les fouilles de la place de la République : un lotissement du XIVe siècle, rue du Mûrier. In. Louviers de l'Antiquité au Moyen Age. Recherches archéologiques anciennes et récentes : catalogue d'exposition, Musée de Louviers, 22 juin-29 décembre 2002. Louviers : Musée de Louviers, 2002, p. 47-48.

[8]
Acte du 21 mars 1548 désignant une maison sise rue Tatin ou du Mourier, cité par Marcel (L.). — Les rues de Louviers, rapport au nom de la commission chargée par le conseil municipal, dans sa séance du 7 novembre 1881, de proposer la dénomination de voies nouvelles. Louviers : 1881, p. 323 (Archives Départementales de l'Eure).

[9]
L'étude des matériaux et la stratigraphie indiquent que les habitations ont été construites en deux étapes. On a d'abord édifié les maisons (A et D) à l'est et à l'ouest du terrain, selon un alignement identique. Puis, dans un second temps, l'espace intermédiaire laissé libre est partagé par des solins plus étroits, en deux unités d'habitations contiguës et de plan similaire (B et C), utilisant chacune les murs mitoyens déjà en place. Le raccordement de constructions nouvelles sur le bâti existant est une pratique courante lorsque l'habitat urbain se densifie.

[10]
Une tuile faîtière complète mesure 33,50 cm x 16 cm x 1,4 cm.

[11]
Bibl. Nat. Ms fr 26083, pièce n°6820 : quittance du 27 avril 1455 concernant des travaux à la toiture d'une tour du Château Gaillard aux Andelys : « Et pour faire icelle couverture y a esté mis la tuille du grant de celle qui estoit laquelle est du moulle de la tuille que on vent a Rouen et aussi avoir mis les arrestiers en lad. tour du moulle tel quil appartenoit a la tuille ».

[12] 
Guillot (B.). — Rouen (76), rue des Charrettes. Septembre-novembre 2001. N° de site 76 540 120. Document Final de Synthèse déposé en 2004 au Service Régional de l'Archéologie de Haute-Normandie à Rouen, 2 vol.

[13]
Cailleux (P.). — Trois paroisses de Rouen XIIIe-XVe siècles (Saint-Lô, Notre-Dame-la-Ronde et Saint-Herbland). Etude de topographie et d'urbanisme. Thèse de doctorat sous la direction de P. Contamine. paris : 1998. 3 vol.

Retour à la page d'accueil Dossiers