Société d'Etudes Diverses
de Louviers et de sa région

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Le Menhir de la Basse-Crémonville
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Sur la route entre Louviers et  Saint-Etienne-du-Vauvray se dresse l’imposant menhir de la Basse-Crémonville. Il témoigne de l’occupation néolithique du site de Louviers.
Sa présence est à rapprocher d’autres sites  de la région comme l’allée couverte (inaccessible) de Pinterville ou la sépulture de la Grande Noé.
On trouvera ci-dessous un texte (datant de 1974) du Monsieur Louis Béquet, ancien président et rénovateur de la SED, présentant ce mégalithe.

« MENHIRS ET DOLMENS: Le mot menhir est composé de deux vocables bretons: men, pierre et hir, long. Il signifie donc pierre longue. On retrouve le mot men dans dolmen; il est alors associé à dol table, pour un sens évident. C'est surtout en Bretagne que ces mégalithes sont nombreux.
Menhirs et dolmens sont des monuments de l'époque néolithique (de 5000 à 2000 ans avant notre ère); s'il est à peu près sûr que les dolmens ont abrité des sépultures, surtout des sépultures collectives, la destination des menhirs est beaucoup plus incertaine. Il faut cependant distinguer le menhir isolé et les menhirs groupés formant en général des alignements (Carnac).
Le menhir isolé était souvent placé, soit sur un point d'eau, soit sur un sommet, soit à proximité d'une tombe. Les alignements seraient des restes de monuments religieux ayant trait au culte solaire: c'est du moins ce que semble indiquer l'alignement astronomique fréquent de leurs lignes.
Après l'implantation du christianisme, certains de ces monuments païens furent «sanctifiés», soit en les surmontant d'une croix, soit en y fixant des images, des statuettes chrétiennes. On évitait ainsi de heurter de front les vieilles croyances.

LE MENHIR DE CREMONVILLE. Ce menhir est un des plus beaux de Normandie. Sa hauteur au-dessus du sol est d'environ 3,30 m (+1,70 m pour la partie enterrée); sa largeur de 1,88 m et son épaisseur de 0,70 m. Il peut peser de 14 à15 tonnes. On voit dans sa partie supérieure une entaille rectangulaire de 30 cm x 25 cm environ, et de 5 cm de profondeur. Cette sorte de niche a dû abriter autrefois un des insignes chrétiens dont nous venons de parler.
En 1842, fut construite la route de Louviers à Saint-Etienne-du-Vauvray. Non loin du menhir, les travaux de terrassement mirent à jour un tombeau celtique contenant 3 couches de squelettes superposés, rangés en cercle, avec les pieds au centre. C'était une découverte grandement intéressante; malheureusement, avant que des personnes compétentes aient pu intervenir, cette sépulture se trouva détruite par les ouvriers qui venaient de la trouver: les squelettes furent renfouis au hasard. Le menhir, alors, n'était pas à l'emplacement qu'il occupe actuellement; il se dressait à une vingtaine de mètres de là, côté N-O, au milieu de la voie ferrée actuelle, qui a été construite de 1865 à1867. Ce fut en traçant les plans de cette ligne qu'on constata qu'il faudrait supprimer ou déplacer le mégalithe. Après de longs et parfois difficiles pourparlers entre les ingénieurs du chernin de fer et les autorités départementales, le déplacement fut décidé.
Il eut lieu les 30 avril et 1er mai 1866. Un contremaître, 3 ouvriers et 20 manoeuvres s'y employèrent. Après déterrement, on traîna la lourde masse tirée par des treuils, sur un chemin de bois. L'opération ne se fit pas sans à-coups puisque le bloc fut alors accidentellement brisé en deux parties à peu près égales. (on peut suivre encore, à un mètre environ du sol, la trace irrégulière de la fracture).
Finalement, le menhir tut placé sur un lit de calcaire et sur une couche de béton, au milieu d'un are de terrain offert au département par le propriétaire de Crémonville-Basse, Mme de Lux. Le coût du transfert 3 fois plus élevé qu'il n'avait été prévu, se monta à 1803 F (francs-or de l'époque, soit environ 20000 F actuels, 2 millions d'A. F.). Le département trouva cette dépense si lourde qu'il renonça à faire entourer la pierre d'un muret avec inscription, cornme il avait été prévu; on se contenta d'une petite haie d'épines, qui existe encore. Situé au bord d'une voie passante, vu par de nombreux touristes, le menhir de Crémonville mériterait mieux que l'état d'abandon dans lequel il se trouve aujourd'hui.»
     
"...L'opération ne se fit pas sans à-coups puisque le bloc fut alors accidentellement brisé en deux parties à peu près égales. (on peut suivre encore, à un mètre environ du sol, la trace irrégulière de la fracture)..."

    
"...On voit dans sa partie supérieure une entaille rectangulaire de 30 cm x 25 cm environ, et de 5 cm de profondeur..."

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